Charte nationale des engagements de SNCF Réseau

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Thématiques : Démarches "Zéro pesticide", Bonnes pratiques d'utilisation des produits phytos

Région : Échelle nationale

Le 11décembre 2025, SNCF Réseau a organisé sa réunion annuelle pour faire le point sur sa charte d’engagement relative à l’usage des produits phytopharmaceutiques. La charte nationale, prévue par la Loi EgaLim, a été publiée en 2023 puis déclinée en 94 chartes départementales. SNCF Réseau a fourni aux EPCI et communes le nom d’un contact territorialisé sur le sujet.

Le réseau ferré francilien, et ces 3 700 km exploités, représente 10 % du réseau ferré national mais 60 % du trafic voyageurs. La gestion de la végétation est nécessaire pour la régularité du trafic (problème des feuilles mortes ou des chutes de branches sur les voies) et la sécurité (risque incendie, mouvement des rails).

L’usage du glyphosate a été arrêté en 2021, et remplacé par une association d’une substance de biocontrôle (acide pélargonique) et d’une substance chimique anti germinative de la famille des sulfonylurées (le flazasulfuron). Tous les trains désherbeurs (21 en France) sont soit neufs, soit ont été modernisés (coût total de 25 millions d’euros) pour ajout de systèmes de détection de la végétation et de coupure de rampe. Ils interviennent à 40-60 km/h, travaillent en injection directe (pas de bouillie préparée à l’avance), avec un enregistrement des données de traitement, des coupures de traitement dans les zones sensibles, et la détection de la végétation (50 à 75 % de réduction de la surface traitée).

Sur internet, il y a possibilité de consulter 15 jours avant la date de passage des trains désherbeurs. Toutefois des changements de dernière minute sont possibles par rapport aux conditions météorologiques. Les interventions ne s’effectuant qu’entre 2 et 29° C de température, un vent < 18 km/h, et des pluies < 8 mm.

Des distances de sécurité sont respectées : 10 m pour la dévitalisation des repousses, 3 m pour les trains désherbeurs et 5 m pour les autres traitements. Environ 20 % du linéaire est non traité : proximité de cours d’eau, périmètres des aires d’alimentation de captages, proximité d’établissements avec des personnes vulnérables, distances de sécurité riverains, etc. Tout est intégré dans une base de données SNCF pour la localisation des zones. Sur ces zones non traitées, les interventions sont réalisées mécaniquement (débroussaillage manuel ou robot) par des équipes SNCF ou des prestataires. Cet entretien de la végétation s’effectue sur des zones très différentes et parfois difficiles d’accès.

Dans les gares, un traitement est possible sur les voies (espace non fréquenté par le public) mais il se fait uniquement de nuit en dehors de la présence du public. Les abords sont, par contre, gérés en zéro phyto.

Bilan de la sortie du glyphosate 3 ans après :

  • le taux de production (nombre de jours d’intervention), qui était en deçà de l’objectif en 2024, s’est amélioré en 2025 (80 %),

  • l’efficacité herbicide est insuffisante sur plantes développées, ou en année humide,

  • le renforcement des interventions mécaniques amène un coût supplémentaire très important.

Un nouveau protocole de traitement va être mis en place. Jusqu’à l’année dernière, une
intervention et demie était réalisée :

  • entre le 15/03 et le 30/06 sur 100 % du réseau français,

  • entre le 01/09 et le 31/10 sur 50 % du réseau + des rattrapages localisés.

A partir de 2026, on passe à deux passages partout :

  • un premier entre fin janvier et fin avril sur 100 % du réseau avec du flazasulfuron sur les pistes et les voies de service ou du flazasulfuron + acide pélargonique si végétation déjà présente,

  • un second de fin avril à début juillet ou de fin août au 30 septembre, pour 100 % du réseau également, avec prosulfuron + acide pélargonique sur les voies et pistes ou des hormones (2,4 D ou dichlorprop ou triclopyr) sur les voies de service.

A noter qu’une lutte spécifique contre l’ailante avec une solution de biocontrôle (AILANTEX) fait l’objet d’une dérogation 120 jours chaque année depuis 2021.

Les autres alternatives testées en France et dans les pays voisins n’ont pas donné satisfaction que ce soit le désherbage vapeur, le désherbage électrique ou celui par ondes.

Différents produits de biocontrôle ont été testés mais tous sont moins efficaces que l’acide pélargonique. Enfin d’autres solutions d’appoint sont mises en place localement :

  • la pose de géotextile (durée de vie donnée pour 20 ans),

  • l’éco-pâturage,

  • l’ensemencement végétal pérenne choisi (pâquerette, plantain, etc.) sur voies de service, zones de triage avec 1 fauche par an. Un mélange nommé Végérail va être commercialisé. Il convient aux sols pauvres.