Retours sur le colloque scientifique Végéphyl sur les bioagresseurs du buis - octobre 2018

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Thématiques : Suivi des ravageurs, des maladies des plantes, des espèces envahissantes, Méthodes de lutte et biocontrôle

Région : Échelle nationale

Extrait d'un article issu de La lettre d’information PHYTOSANITAIRE n°107 de la DRiaaF Île-de-france • nov 2018

Les 16 et 17 octobre 2018, Végéphyl (anciennement association française pour la protection des plantes) a organisé à Tours un colloque scientifique sur les bioagresseurs du buis. Près de 130 participants, français et européens, ont assistés aux présentations et retours d’expériences. Compte rendu des principales présentations.

L’utilisation du buis dans les jardins remonte à l’Antiquité, et elle a connu son apogée au XVIIème siècle avec les jardins à la française dans de nombreux châteaux. De par le monde, le genre Buxus comprend de très nombreuses espèces (la principale en France étant le buis commun Buxus sempervirens) et variétés qui se distinguent par leur taille, forme, port et couleur, et avec de multiples façons de les utiliser en jardins ou espaces verts.

L’Institut technique de l’horticulture ASTREDHOR a pris l’initiative de rédiger en 2015 un guide portant sur l’observation, la connaissance et l’identification des maladies du buis, et des principales causes de dépérissement, autres que la cylindrocladiose. Cet ouvrage est toujours en cours d’élaboration, pour une publication prochaine. Dans la première partie de ce guide, les utilisateurs pourront s’appuyer sur une étude illustrative des différentes manifestations parasitaires causées par des insectes, et les divers désordres et troubles physiologiques d’origine non parasitaire du buis (manque d’eau, sous fertilisation, brûlures solaires ou par l’urine, etc). Les confusions sont faciles.

Les bioagresseurs du buis font l’objet de suivis dans les réseaux d’épidémiosurveillance de pratiquement toutes les régions, que ce soit en filière JEVI ou en pépinières.

L’application AGIIR, développée par l’INRA, est une application gratuite qui était destinée, dans un premier temps, à identifier puis alerter de la présence de deux insectes ravageurs ou invasifs, la processionnaire du pin et le frelon asiatique. Cet outil de science participative a depuis été enrichi avec notamment la pyrale du buis.
http://ephytia.inra.fr/fr/P/128/Agiir

Le SRAL Île-de-France a fait une présentation sur la réglementation en filière JEVI, ce qui est autorisé par la loi et ce qui ne l’est pas. Les évolutions réglementaires européennes et françaises, visant à mieux protéger l’environnement et la santé publique, ont fortement modifié les conditions d’utilisation des produits de protection des plantes pour les JEVI. C’est le cas notamment de la Loi Labbé interdisant leur emploi pour les personnes publiques depuis le 1/1/2017 pour les espaces verts, forêts, promenades, voirie, et pour les amateurs au 1/1/2019. Pour les espaces ouverts au public ne sont utilisables désormais que des solutions de biocontrôle (macro organismes, micro-organismes, substances naturelles, médiateurs chimiques) ou des produits utilisables en agriculture biologique. Il est également possible d’avoir recours à de préparations naturelles peu préoccupantes (substances de base ou substances naturelles à usage biostimulant).

Quelques dérogations existent pour les produits chimiques classiques. Les modalités de la dérogation pour lutter contre un danger sanitaire grave menaçant la pérennité du patrimoine historique ne sont pas encore connues.