Retour sur le colloque IBMA

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Thématique : Méthodes de lutte et biocontrôle

Région : Échelle nationale

Fin janvier 2018 s’est tenu le colloque annuel de l’association française des entreprises de produits de biocontrôle (IBMA). Il s’est ouvert avec un mot d’accueil du Ministre chargé de l’agriculture qui a abordé les conclusions des Etats généraux de l’alimentation en lien avec le biocontrôle et la réduction des produits phytopharmaceutiques (encadrement des ventes de produits et séparation vente / conseil, exemptions pour les produits de biocontrôle, renforcement de la recherche et de la mise en oeuvre de solutions alternatives, réduction de la part des substances préoccupantes). Le Ministre a précisé que la liste officielle des produits de biocontrôle est désormais actualisée tous les deux mois.
Celle-ci compte, au 30/01/2018, 421 produits.

Le marché français du biocontrôle représentait, en 2016, un chiffre d’affaires de 110 millions d’euros, dont 75 % pour le marché agricole (en hausse de 18 % entre 2015 et 2016) et 25 % pour le marché JEVI (un bond de 54 %). Cette valeur représente toujours 5 % du marché phytosanitaire en France. L’objectif reste d’atteindre les 15 % d’ici à 2025, mais cela nécessite d‘amplifier la recherche pour y parvenir.

En répartition, 57 % des produits de biocontrôle entrent dans la catégorie des substances naturelles, 18 % dans la catégorie des médiateurs chimiques, le reste se répartit équitablement entre micro et macroorganismes.

Parmi les discussions de cette journée, a été évoqué l’inadaptation des processus d’évaluation classique toxicologique – écotoxicologique pour ce type de substance.
D’autre part, il ne faut pas s’arrêter à l’efficacité des produits (souvent moindre que les solutions conventionnelles) mais voir comment les intégrer et les combiner avec d’autres méthodes dans les systèmes de culture. Il faut également étudier l’adaptation des outils d’aide à la décision aux produits de biocontrôle, les possibilités d’application localisée par voie aérienne (ex avec des drones) non permise par la réglementation actuelle. Enfin un effort de communication doit être fait auprès du grand public pour qui produits bio sont familiers, mais pas l’agriculture raisonnée avec des produits de biocontrôle. Enfin, des questions sont posées sur les moyens d’accompagner la prise de risque pour l’agriculteur.

Les grandes cultures restent le « parent pauvre » des produits de biocontrôle, avec seulement neuf agents de biocontrôle disponibles actuellement. Toutes filières confondues, plus de 100 produits sont en cours de préparation. Dès 2018, une quinzaine sont attendus sur le marché, puis une vingtaine sur 2019-2020, et les autres au delà.

 

Article issu de la lettre d’information PHYTOSANITAIRE n° 98 de la DRiAAF Ile-de-france